De la récession à la reprise : Jusqu’où et à quel rythme? Et êtes-vous prêt?

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Quelle incidence la récession a-t-elle sur les moyennes et les grandes entreprises, et quelles sont leurs attentes par rapport à la reprise pour la prochaine année? Selon un sondage mené par Towers Watson au début de janvier, les employeurs ont des attentes variées pour 2010, mais affichent un optimisme prudent. De nombreuses entreprises se concentrent de nouveau sur la croissance et prévoient procéder judicieusement à des embauches, tandis que plus du tiers continueront d’effectuer des mises à pied ciblées.

Au Canada, 73 employeurs ont participé au sondage, parmi les 459 employeurs au monde à l'avoir fait. Les employeurs devaient répondre à des questions portant sur les modifications apportées par leurs entreprises pendant la période de repli ainsi que prévoir le climat du monde des affaires pour la prochaine année. Environ la moitié des répondants s’attendent à davantage d'augmentations de la productivité, et près du tiers prévoient un accroissement des niveaux d’engagement des employés.

Même si les nouvelles données indiquent une certaine amélioration de l’économie, il est évident que la situation ne reviendra pas à la normale du jour au lendemain :

  • 87 % des employeurs canadiens prévoient pourvoir de nouveaux postes en 2010. Cependant, 39 % des employeurs prévoient également faire des mises à pied ciblées, ce qui est légèrement inférieur à la proportion de 44 % d'entre eux qui ont pris cette mesure depuis le début de la crise financière.

     
  • 27 % des répondants canadiens estiment qu’il est plus facile de fidéliser les employés de talent aujourd’hui qu’il ne l’était avant la crise financière. Par contre, beaucoup d’employeurs (41 %) prévoient qu’il sera plus difficile de les fidéliser dans un an.

  • 15 % des répondants canadiens ont fait état d'une baisse de productivité par rapport à ce qu'elle était avant la crise financière – proportion plus élevée que dans toute autre région du monde.

     
  • L’incidence de la récession sur l’engagement des employés est variée. Si 27 % estiment que les employés font preuve d'un plus grand engagement qu'avant la crise financière, 23 % signalent un engagement moindre aujourd’hui. Beaucoup plus d’entreprises prévoient une hausse de l’engagement en 2010 (36 %) plutôt qu’une baisse (8 %).

Malgré les réductions récentes en raison de la conjoncture économique, environ 25 % des répondants au Canada déclarent que les coûts globaux liés à la main-d’œuvre sont plus élevés actuellement qu'ils ne l'étaient avant la crise financière, et 40 % d’entre eux s’attendent à ce que ces coûts soient plus élevés d’ici un an. Autres constatations du sondage :

  • Rémunération : Les employeurs canadiens s’attendent à une hausse médiane des salaires de 2,5 % en 2010. Les employeurs prévoient financer leurs programmes de primes à 100 % cette année, comparativement à 94 % en 2008 et à 90 % l’an dernier.

  • Régimes de retraite et d’avantages sociaux : Au Canada, 20 % des employeurs estiment que la part du coût de la protection liée aux soins de santé assumée par leurs employés est plus élevée aujourd’hui qu’elle ne l’était avant la crise financière, et ne prévoient aucun changement important à ce chapitre au début de 2010. Seulement 5 % des répondants canadiens ont réduit leur participation aux régimes d’épargne-retraite, mais 10 % ont indiqué que les employés avaient réduit leurs cotisations. Près du quart (23 %) des répondants canadiens indiquent que les employés ont choisi des options autres que les actions pour leurs placements d’épargne-retraite; toutefois, 12 % s’attendent à ce que les employés optent de nouveau pour les actions d'ici un an.

Les employeurs ne sont pas insensibles aux difficultés de leurs employés – d’ici un an, 30 % d'entre eux prévoient qu’ils veilleront de plus près à ce que les avantages sociaux fournissent aux employés le niveau de sécurité souhaité. Cependant, un plus grand nombre d'entre eux prévoient qu’ils porteront davantage attention au contrôle et à la réduction des coûts associés aux avantages sociaux (38 %), ainsi qu'à la gestion du risque et de la volatilité de ces coûts (44 %).

Les employeurs canadiens espèrent que leur entreprise affichera un bilan plus sain en 2010, mais ils semblent être conscients du fait que leurs employés ne partagent pas cet optimisme. Le nombre de personnes sans emploi reste élevé, et beaucoup d’employés n’arriveront pas à surmonter leurs préoccupations quant à l’avenir. Personne ne sait dans quelle mesure la reprise économique mondiale renversera ces tendances. La bonne nouvelle cependant, si l’on en croit notre expérience avec nos clients, c’est que beaucoup d’entreprises constatent le besoin d’investir de façon réfléchie pour fidéliser leurs employés de talent actuels et obtenir leur engagement, malgré l’incertitude qui persiste à l’égard du climat commercial et de la prudence qu’entraîne celui-ci par rapport à la prise en charge de coûts supplémentaires en main-d'œuvre.