Les actifs des fonds de pension mondiaux ont atteint un record historique en 2011

Paris, 2 février 2012 – Selon l’étude sur les actifs des fonds de pensions mondiaux publiée aujourd’hui par Towers Watson, les actifs des fonds de pension institutionnels des 13 marchés principaux ont affiché une croissance de 4 % au cours de l’année 2011, pour atteindre un nouveau record de 28 000 milliards de dollars, contre 26 000 milliards en 2010.

Cette croissance s’inscrit dans la continuité – tendance qui a débuté en 2009, lorsque les actifs ont enregistré une hausse de 17 %, qui avait fortement contrasté avec la chute de 21 % en 2008.
Les actifs des fonds de pension globaux affichent désormais une croissance moyenne de plus de 6 % par an (en dollars) depuis 2001 – date à laquelle ils avaient été évalués à 15 000 milliards de dollars.

D’après l’étude, les bilans des fonds de pension1 se sont affaiblis au cours de l’année 2011 – malgré la croissance des actifs – avec un ratio actif-passif bien inférieur au pic enregistré en 1999. 

Pour Thierry de la Noue, directeur du département Investissement chez Towers Watson France, «les six derniers mois de l’année 2011 ont rappelé à l’ordre les investisseurs de long terme : les stratégies d’investissement ont dû gagner en flexibilité, adaptabilité et disposer d’une vision plus large des risques. Cette approche donne davantage de marge aux événements extrêmes qui se produisent plus fréquemment, tout en nuançant des éléments plus personnalisés du risque comme les crédits et les liquidités. Au cours de ces dernières années, nous nous sommes concentrés sur la nature polyvalente du risque au sein de nos systèmes financiers de plus en plus précaires. En parallèle, les dispositifs de gestion du risque ont fortement évolué vers des mesures plus qualitatives».
Toutefois, il reste encore du chemin à parcourir avant que les mesures adaptées et la gestion du risque soient fermement intégrées aux structures de gouvernance de la plupart des fonds de pension.

 Données clefs de l’étude
Informations sur les actifs mondiaux pour les marchés P132 en 2011

  • Le taux de croissance moyenne sur 10 ans des actifs de fonds de pension mondiaux (en devise locale) est supérieur à 6 %.
  • Les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni restent les principaux marchés de fonds de pension, représentant respectivement 59 %, 12 % et 19 % du total des actifs de fonds de pension au niveau mondial.
  • Tous les marchés de l’étude – à l’exception du Japon – ont affiché un taux de croissance annuel composé (CAGR, Compound Annual Growth Rate) positif sur dix ans (en devise locale).
  • Pour ce qui est du CAGR sur dix ans et toujours en devise locale, le Brésil a affiché le niveau le plus fort avec 14 %, suivi par l’Afrique du Sud (13 %), Hong Kong (10 %) et l’Australie (9 %). Les niveaux les plus faibles concernent le Japon (-1 %), la France (1 %), la Suisse (4 %) et l’Irlande (4 %).
  • D’après les chiffres enregistrés sur dix ans, le Royaume-Uni a connu la plus forte progression de ses actifs de fonds de pension par rapport au PIB (de 30 % à 101 % du PIB), suivi par l’Australie (de 24 % à 96 % du PIB), les Pays-Bas (de 23 % à 133 % du PIB), Hong Kong (de 15 % à 34 % du PIB) et les États-Unis (de 12 % à 107 % du PIB). Pendant ce temps, le ratio des actifs de fonds de pension du Japon par rapport aux PIB a chuté de 1 % à 55 % du PIB.

Répartition d’actifs pour les marchés P73

  • L’allocation d’obligations pour les marchés P7 a baissé de 3 % au total au cours des 16 dernières années (40 % à 37 %). L’allocation en termes d’actions a chuté de 8 % (à 41 %) pendant cette même période, même si une majeure partie de cette baisse a eu lieu en 2011 (7 %).
  • La part d’allocation réservée aux actions a enregistré, au Royaume-Uni, une baisse de 67 % en 2001 à 45 % en 2011 (avec une réduction de 10 % rien qu’en 2011). De la même manière, l’investissement en actions a chuté de 65 % à 44 % aux États-Unis au cours de cette même période. L’Australie a conservé le niveau d’allocations d’actions le plus élevé (50 %) alors que le Japon a affiché la plus forte exposition aux obligations (59 %).
  • L’allocation à d’autres actifs (alternatifs) – surtout immobiliers, et dans une moindre mesure, aux hedge funds, aux capital-investissement et aux matières premières a gagné du terrain pour les marchés P7, de 5 % à 20 % depuis 1995.
  • Au cours de ces dix dernières années, la plupart des pays ont augmenté leur niveau d’exposition aux actifs alternatifs, avec les États-Unis en pole position (de 5 % à 25 %), suivis par la Suisse (de 9 % à 28 %), les Pays-Bas (de 1 % à 14 %), l’Australie (de 14 % à 24 %) et le Canada (de 10 % à 20 %).

La volatilité sur les marchés et la plus grande sensibilisation aux risques, associées à la possibilité d’un défaut souverain continuent de rendre la répartition des actifs encore plus complexe car les entreprises et les administrateurs considèrent ces priorités comme autant de nécessités de protection contre le risque à long terme. Pour Thierry de la Noue, «il s’agit de décisions complexes – de plus en plus déléguées à des spécialistes comme les gestionnaires fiduciaires. Sans oublier d’autres considérations comme les contributions de sponsors inquiets, les mécanismes de cantonnement, les stratégies de couverture ainsi que la souscription de contrats d’assurance, sans oublier les modifications des structures des bénéfices, pouvant aller jusqu’à la clôtures de fonds».

Les fonds à Prestations définies (DB) et contributions définies (DC) pour les marchés P7

  • De 2001 à 2011, le CAGR des actifs DC était de 8 % contre un taux de 5 % pour les actifs DB.
  • Les actifs DC représentent désormais 43 % des actifs de pension globaux, contre 41 % en 2005 et 38 % en 2001.
  • L’Australie affiche la plus grande proportion d’actifs DC par rapport aux actifs de pension DB : 81 % contre 19 %.
  • Les marchés qui ont une plus grande proportion d’actifs DC par rapport aux actifs DB sont les États-Unis, l’Australie et la Suisse, tandis que le Japon ainsi que le Canada affichent près de 100 % de DB. Les Pays-Bas – ne comptant historiquement que des DB – montrent aujourd’hui des signes de transfert vers les DC, avec une croissance de ces actifs de 6 % au cours des cinq dernières années pour atteindre 7 % du total des actifs.

«Un nombre croissant d’individus effectuant leur propre investissement via des plans à contributions définies ont bien du mal à préserver leur patrimoine. Bien définir l’option d’investissement par défaut – telle reste la priorité des entreprises et des administrateurs alors que les différents gouvernements tentent de faire face à la croissance des déséquilibres démographiques en incitant  leurs citoyens à opter pour des structures durables dans le cadre des économies sur les plans de retraite. Parallèlement, les entreprises et les administrateurs essaient de trouver un équilibre entre le cout de leurs programmes et les attentes des salariés», commente Thierry de la Noue.  

Pensions du secteur public vs. Pensions du secteur privé en 2011

  • 65 % des actifs de fonds de pension du groupe P7 sont détenus par le secteur privé et 35 % par leur secteur public.
  • Au Royaume-Uni et en Australie, le secteur privé détient plus de 80 % des actifs de fonds de pension, avec respectivement 88 % et 85 % du total des actifs.
  • Le Canada et le Japon sont les deux seuls pays dans lesquels le secteur public détient plus d’actifs de fonds de pension que le secteur privé, soit respectivement 61 % et 71 % du total des actifs.

Pour mémoire

  • Tous les chiffres ont été arrondis et les données pour 2011 sont des estimations.
  • Toutes les dates renvoient sont à fin d’année calendaire.

1Mesurés par la  valeur  des actifs rapportée à la valorisation du passif, de l’engagement.
2L’acronyme « P13 » renvoie aux 13 plus grands marchés de fonds de pension compris dans l’étude, à savoir : l’Australie, le Canada, le Brésil, la France, l’Allemagne, Hong Kong, l’Irlande, le Japon, les Pays-Bas, l’Afrique du Sud, la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les P13 représentent plus de 85 % du total des actifs de fonds de pension mondiaux.
3La notion de « P7 » renvoie aux 7 plus grands marchés de fonds de pension (soit plus de 95 % du total des actifs dans cette étude). Elle exclut le Brésil, l’Allemagne, la France, l’Irlande, Hong Kong et l’Afrique du Sud.